[FILMS & SERIES] La prison. Un thème, deux œuvres. | LE TITRE

[FILMS & SERIES] La prison. Un thème, deux œuvres.

Aaaaah la prison. Un thème peu abordé finalement. Le genre policier a beau être absolument partout: livres, séries, films, émissions douteuses… L’étape post-enquête n’est pratiquement jamais traitée. Quand c’est le cas cependant, on tombe sur de vraies pépites. Il y a quelques années Audiard se penchait sur le sujet en nous offrant un film criant de réalisme Un prophète, on y découvrait l’histoire de Malik interprété par Tahar Rahim, qui s’est d’ailleurs complètement révélé grâce à cette oeuvre. Et puis plus récemment une série américaine, non non je ne parle pas de Prison Break, mais bien de la production de Netflix Orange is the new black, qui est je vous l’assure, bien plus qu’une petite comédie.

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Une vraie immersion

Dans Orange is the new black et Un prophète, on est complètement immergé dans le domaine carcéral, le spectateur devient une sorte de voyeur qui va observer ce qui se passe à travers le trou de la serrure d’un lieu qui est normalement impénétrable. Les deux oeuvres sont sensiblement construites sur le même schéma, et on entre donc dans la prison en même temps que leur personnage principal respectif. Piper Chapman d’un côté et Malik El Djebena de l’autre. Cette façon de faire permet une empathie immédiate pour ces protagonistes, et c’est plutôt surprenant puisque ce sont normalement des gens dont on ne se soucie pas, d’autant plus que leur culpabilité n’est jamais mise en cause. Ils ont fait quelque chose de mal, c’est avéré néanmoins on s’attache à Malik, Piper et à quelques autres.

Dans la série américaine des flash-back permettent de mieux connaître les personnages, on revit le passage à l’acte avec les jeunes femmes, ou tout simplement des moments qui ont eu un impact sur leur vie. Une manière pour les créateurs de la série, de nous dire qu’on est tous susceptible de passer de l’autre côté, les jeunes femmes sont responsables de leurs actes certes, mais les circonstances de la vie ne leur ont pas souvent été favorables.

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Parcours initiatique

Je vous le disais plus haut, les deux oeuvres sont construites sur le même schéma, ainsi on entre en prison avec Piper et Malik. Et on découvre avec eux une sorte de nouvelle société, en parallèle avec celle d’où on vient. Une mini société, un microcosme, où les règles, les normes sont différentes. Les deux prisons, celle américaine et celle française, sont divisées en plusieurs communautés, et en plus des autorités officielles on découvre les chefs officieux à qui il faut obéir, et qu’il faut absolument respecter si on veut survivre. Piper se rend compte dès son arrivée de l’importance du respect de la hiérarchie au sein des détenues, elle sera privée de nourriture plusieurs jours après avoir critiquer la cuisine de Red. Malik, quant à lui, se voit confier une mission bien macabre par l’impressionnant chef des Corses, interprété par Niels Arestrup. Tous deux se retrouvent piégés, ils doivent s’adapter aux autres, et surtout on se rend compte très vite qu’ils ne peuvent compter sur les gardiens de prison, ou même sur la direction. Ceux-ci sont corrompus chez Audiard, et se font eux-mêmes dirigés par les chefs officieux. Dans la série de J. Kohan les gardiens sont malsains, fous, réactionnaires, malgré leurs quelques bonnes actions, ils ont tous un côté pervers, la seule vraie gentille se fait d’ailleurs virer. On a une vraie évolution chez nos deux personnages, ils s’endurcissent, apprennent les règles, et la manière de se comporter à adopter. Au fur et à mesure du temps ils se transforment en vrais badass.

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Système pourri de l’intérieur

Le système carcéral est à l’image de la prison, délabré, abandonné et surtout oublié. Il semble pourri de l’intérieur. Les détenus ne peuvent s’en sortir honnêtement, ce n’est tout simplement pas de cette façon que ça fonctionne. Encore une fois, pour survivre il faut s’adapter. Dans Orange is the new black, on a une vraie critique de la société américaine, à l’image de la prison. Une image péjorative, avec des gardiens inefficaces et fous donc, de plus les conditions de vie sont déplorables, les détenues sont souvent traitées d’une façon plus que discutable. Et on réalise rapidement que la directrice se fout pas mal des filles dont elle a la responsabilité mais surtout elle détourne l’argent qui est censé servir au bon fonctionnement de la prison. Pour aller plus loin, c’est carrément l’idée de justice qui est remise en cause puisque ce sont les Bad girls qui font la loi. La France est logée à la même enseigne chez notre cher Audiard puisque lorsque Malik essaie d’appeler à l’aide la direction de la prison, il se fait trahir par les autorités et c’est encore une fois les Bad boys qui gagnent.

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Pourquoi il faut regarder Un prophète, Jacques Audiard, 2009

  • Bon, petit conseil amical d’abord, ne regardez pas si vous avez un petit coup de mou, ça pourrait éventuellement vous rendre dépressif.

  • La photographie est juste magnifique, des couleurs froides qui traduisent parfaitement l’ambiance scénaristique.

  • Quelques images poétiques, les premières minutes du film notamment, où on voit Malik dans le camion qui l’emmène en prison. La scène de fin aussi, mais je ne spoile pas par bonté d’âme.

  • Des acteurs de folie: Tahar Rahim, Niels Arestrup (qui fait très peur, mais il est sûrement très sympa au demeurant), Adel Bencherif, Reda Kateb (Un acteur à suivre ABSOLUMENT) et plein d’autres…

  • Une noirceur merveilleusement bien amenée par Audiard qui met parfois mal à l’aise, mais qui est nécessaire. La scène de la petite cuillère notamment, les vrais savent.

  • Un film sombre & réaliste avec quelques touches de légèreté et d’humour quand même, qui vous plonge dans un univers complètement à part, qui ne laisse pas indifférent, et qui bouscule. On dit Oui !

 

Pourquoi il faut regarder Orange is the new black, Jenji Kohan, 2013

  • La bande originale est de Regina Spektor & un des acteurs principaux est Jason Biggs, mais si, notre cher Jim d’American Pie toi même tu sais.

  • La photographie est ici aussi magnifique et donne une ambiance particulière. Dans les tons gris, kaki et orange évidemment.

  • La série est originale puisqu’elle est centrée sur une prison de femmes déjà, et chose rare l’homosexualité féminine y est traitée, les stéréotypes habituels sont plutôt pulvérisés.

  • Les scènes et les dialogues sont très crus par endroits, pas de filtre ! Notamment avec des scènes de violence et de sexe.

  • On rit énormément mais pas seulement, il y a aussi beaucoup de moments touchants, on s’attache aux personnages. On trouve aussi des protagonistes insupportables voire même détestables, et parfois c’est sympa de ne pas aimer les gens.

  • Le personnage principal: Piper Chapman est plutôt très stéréotypé. Petite blonde de bonne famille qui se rebelle lors de sa vingtaine, et qui en paie le prix lors de sa trentaine. Qui passe de lesbienne à hétéro, et vice versa… Elle peut être très agaçante car un peu silly, c’est vrai, mais aussi attachante à travers tous les moments difficiles qu’elle doit endurer.

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Carolineovich
Rédactrice
Notre touche féminine dans ce monde de brutes.
Elle nous parle du monde, et de la société à travers ce qu’elle lit et regarde, avec cette petite touche d’humour assassin qui fait tout son charme.

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