[FILM & SERIES] ATTACK ON TITAN, LE FILM | LE TITRE

[FILM & SERIES] ATTACK ON TITAN, LE FILM

 

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Passer à côté d’Attack On Titan est de plus en plus difficile. Ce Seinen (se dit des mangas aux thématiques plutôt adultes et matures) est partout. A la télé en animé, et côté littérature , des spin-off voient le jour pour étoffer un univers déjà dense. Il ne manquait plus que le film, le vrai, celui avec des acteurs en chair et en os. Et le voici. Divisé en deux parties distinctes, la première étant sortie au début du mois d’août, la seconde sortira en septembre. Produit par la légendaire Tōhō, et réalisé par Shinji Higuchi.

 

Une franchise au succès titanesque

Si vous ne connaissiez pas ce manga avant d’ouvrir cette page, voici un petit résumé et mes encouragements à aller vous intéresser à l’œuvre d’Hajime Isayama.

Attack On Titan (« Shingeki No Kyojin » en version originale ou « L’Attaque des Titans » en français), c’est l’histoire d’une humanité mise à genoux par une race supérieure d’humanoïdes gigantesques, qui ont tendance à prendre les humains pour des McNuggets. Ces « Titans » ont presque décimé toute l’humanité. « Toute » ? Non ! Car un groupe d’irréductibles Humains résiste encore et toujours à l’envahisseur, enfermé dans un territoire séparé du monde extérieur par d’immenses murailles circulaires d’une cinquantaine de mètres de haut et dans lesquelles la vie reprend son cours. Depuis cent ans maintenant, et tels des Témoins de Jéhovah, les titans restent à la porte. Jusqu’au jour où évidemment tout bascule, et où le héros, Eren, et ses comparses, Mikasa et Armin, s’engageront dans l’élite de l’armée chargée d’éliminer les Titans et se battront pour la survie de l’humanité.

Attack On Titan, c’est surtout l’une des œuvres japonaises les plus importantes de ces dix dernières années. Ayant même réussi à détrôner un One Piece pourtant installé depuis des années au sommet au jeu du « qui c’est qui fait la meilleure audience et qui vend le plus de mangas ? » sur le territoire japonais, relevant au passage et à lui seul la maison d’édition Japonaise Kōdansha, qui n’avait pas affiché un chiffre d’affaire en hausse  depuis dix-huit ans, avec son tirage à 38 millions d’exemplaire dans le monde.

BREF, Attack On Titan, c’est un phénomène, c’est déjà un classique, et je conseille évidemment à quiconque de s’intéresser un tant soit peu à cet univers

 

Un film sauvé par les Titans

Maintenant, parlons du film, mais d’abord: [ALERTE SPOILERS] Ça risque de spoiler un chouilla moussaillon, donc, si tu veux garder tes oreilles pures et vierges, vas lire ou regarder Attack On Titan et reviens plus tard. Si tu connais déjà un minimum l’histoire, c’est que déjà tu es quelqu’un de bien, et tu peux rester.

D’abord, il me paraît important de préciser que je fais partie de cette école qui pense qu’une adaptation est avant tout un film, et donc, qu’une adaptation a le droit de s’éloigner de l’œuvre originale si besoin est, quand ces écarts sont justifiés par des contraintes liées au format cinématographique. De fait, je ne compte donc pas ici mettre face à face le livre et le film. Cependant, je pourrais commencer cette critique en parlant du fait que, parmi les scénaristes du film ne figure pas l’auteur du manga. Et que certaines modifications apportées par ces derniers ne sont ni nécessaires, ni explicables d’un point de vue cinématographique, puisqu’ils touchent aux fondements de la série: Son sous-texte et sa critique.

 

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Les effets visuels sont tout de même impressionnants.

 

 

Que donne donc Attack On Titan, le film: Déjà, on commence dans un monde qui diffère de celui du manga. L’humanité y est representé en nombre, les rue grouillent de monde, mais l’état de la ville comme de ses habitants est beaucoup plus miteux. Les villes aux apparences médiévales du manga laissent ici place à ce qui ressemble plus à des bidonvilles. Mais surtout le contexte historique y est différent. Si l’œuvre de base donne l’impression que l’humanité a du fuir vers la fin de ce qui ressemble à notre fin XIXème, début du XXème siècle, dans le film, on peut voir des carcasses d ‘hélicoptères militaires, et même une bombe atomique (retenez ça, c’est important). De ce fait, on ne se trouve plus dans une uchronie complète mais dans un monde qui rappelle énormément le notre, et ancre le récit beaucoup plus dans la réalité, lui donnant un aspect aussi plus « steampunk ». D’un point de vue purement cinématographique, si l’image est très souvent saturée d’éléments, la photographie très contrastée et poussiéreuse est sympa. Finalement, c’est plutôt joli sans être plus agréable que ça dans la forme. Car le montage et le cadrage sont gérés de façon très chaotique, victimes de la foule d’éléments à l’image et de la rapidité de l’action dans certaines séquences. Le côté très mature de la licence est respecté et ne perd pas de sa violence dans son passage au grand écran. D’ailleurs, beaucoup de scènes crues et « gores » (assez gratuites parfois d’ailleurs) parsèment le film.

Ensuite, parlons de l’intrigue en elle même. Contrairement au manga, on récupère nos héros (Eren, Mikasa et Armin) déjà grands. Rien ne fait allusion à leurs passés, ni à leurs relations. Enfin, si, on en profite pour placer une love story entre Eren et Mikasa histoire de respecter les clichés mais rien n’est évoqué sur leurs liens. Ce qui devrait donc être un élément très important (le passé de Mikasa et d’Eren qui est un élément intéressant et central de l’histoire d’origine) passe à la trappe et on perd forcement côté enjeux. Le film est donc très mauvais au niveau de toute sa partie d’exposition, bancale et mal amenée. Les acteurs sont aussi insupportables, et particulièrement l’interprète d’Eren, crispant à souhait. Et la musique est datée, digne d’un vieux péplum.. Pas très encourageant pour la suite me direz-vous. Mais c’était sans compter sur l’équipe en charge des effets visuels. On voit dans ces effets spéciaux tout l’amour pour le matériaux de base. C’est enfin joli, très bien fait. Le film commence vraiment au bout d’une demie heure, quand les titans on forcé le mur qui les séparait de l’humanité. Finalement, ce sont les effets spéciaux et les Titans qui sauvent le film. Et on a même le droit à des fulgurances de mise en scène, comme cette séquence exposant les aspirants soldats de la promotion d’Eren, un par un, d’une façon très jolie, touchante, et originale. Mais tout le reste du film tiendra son gros avantage de la qualité de ses effets visuels et de leur mise en scène, mélangeants effets numériques et pratiques. Là où le film a bien fait de s’adapter, à cause de son format, c’est en réduisant le nombre de personnages importants, tout en en créant d’autres, dans le seul but de focaliser les rôles centraux sur des visages plutôt que sur des groupes. Le film se termine sur une scène de combat entre titans magnifique, impressionnante, bardée d’effets pratiques. En effet, cette dernière, qui tient le film à elle seule, utilise une technique empruntée aux films de Kaijus d’époque (Ces films de monstres propre folklores Japonais comme Godzilla et représentant le péril nucléaire), la technique dite « du gars dans un costume qui se fight dans un décor miniature en carton ». Mais c’est tellement réussi et joli que c’en est crédible, et j’ai vraiment adoré ce point.

 

Une bonne adaptation ?

Maintenant, voilà ce qui me chiffonne: J’ai accepté que l’adaptation s’écarte du manga pour des raisons liées au format. Seulement, elle n’a pas changé seulement la forme (qui ne me dérange pas), mais en a changé le fond. S’il n’existe pas de consensus sur comment interpréter le propos du manga, il est évident qu’il traite, des dires mêmes de l’auteur, de la peur de l’extérieur, de la menace constante d’une attaque, de repli sur soi même d’une société, quitte à la pousser vers le totalitarisme. Car, oui, le manga traite de tous ces points. De la politique, de l’oppression, de la religion aussi. Et c’est  là dedans que se trouve mon plus gros reproche au film. Car la force de l’œuvre originale, c’est de pouvoir traiter, via son récit, des thèmes actuels comme le terrorisme (la présence de cette « menace constante », qui est en plus, on l’apprendra ensuite, humaine, et résulte de revendications presque politiques) et le totalitarisme qui découle d’un abus d’autorité, autorités jouant sur la peur. Seulement, ici, le film n’est ni plus ni moins qu’un film de Kaiju où le propos très actuel passe un peu à la trappe. Et ce même si cette vielle bombe nucléaire poussiéreuse et qui n’a pas explosée, vue au début du film, semble dire que cette phobie du péril nucléaire Japonaise vielle de 70 ans et qui se reflète dans nombre d’œuvres cinématographiques nippones, à commencer par Godzilla, est désuète. Le film centre beaucoup (trop ?) son propos et ses problématiques sur les héros et leur entourage, réduisant l’impact et les enjeux. Passer à côté du propos tellement actuel de cette œuvre ancrée dans son époque est bien dommage.

 

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Coucou

 

De fait, j’ai du mal à vous conseiller le film, car je ne sais pas à qui il s’adresse. Les fans du manga vont détester les écarts que les scénaristes ont pu prendre sur ce dernier. Ceux qui ne connaissent pas n’y trouveront qu’un film de Kaiju à gros budget, sympathique mais sans plus. Finalement, la meilleure option est encore de profiter de l’œuvre de base, animée ou sur papier, et de revenir sur le film plus tard, quand on a le temps. Je n’ai pas envie que vous soyez déçus à cause de ce film et que vous passiez à côté du manga. Alors, allez le lire, allez le regarder, et ne considérez pas cette adaptation comme un « must see », mais comme un bon divertissement à voir un dimanche après-midi pendant que la famille est devant Drucker.

Encore ici un excellent exemple d’une adaptation compliquée. Contrairement au format de la série animée, beaucoup trop longue et souvent vide, ce film souffre de n’être qu’un film de trois heures (deux fois une heure trente) où tout a du être condensé. Mais tout de même relativement bien condensé pour être digeste. Mention « assez bien », en attendant la seconde partie début septembre donc…

 

 

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https://www.youtube.com/watch?v=yWXJ-jqg3is

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Mewtecia
Rédacteur
23 ans. Étudiant en Master à Lille 3. Bossant beaucoup trop pour devenir game designer. Né avec une manette entre les mains, il a accumulé plus d'heures de jeu dans sa vie que d'heures de sommeil.

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