[Films & Series] BOJACK HORSEMAN: ENTRE RIRES ET LARMES, UNE SÉRIE MAGNIFIQUE | LE TITRE

[Films & Series] BOJACK HORSEMAN: ENTRE RIRES ET LARMES, UNE SÉRIE MAGNIFIQUE

Présent depuis 2014 dans le catalogue de Netflix qui produit la série, BoJack Horseman est de ce genre de programme qui s’est fondé une réputation via le bouche à oreille. Et à qui il a fallu du temps pour être remarqué par le public et la critique, jusqu’à être couvert aujourd’hui d’éloges. Moi même, j’ai eu beaucoup de mal à « entrer » dans la série. Et puis j’ai persévéré. Et il s’est avéré que, non seulement Bojack Horseman est un bon divertissement, mais est aussi l’une des séries m’ayant le plus touché et marqué ces dernières années. Et je ne suis pas le seul ! Je vais donc tenter  de vous expliquer pourquoi il faut avoir vu cette série souvent drôle, parfois bouleversante qu’est BoJack Horseman.

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A la recherche du bonheur

BoJack Horseman, c’est l’histoire d’un gars, au milieu de sa vie, qui ne sait plus trop où il va. Il faut dire que depuis la fin de la série « Horsin’ Around » dans les années 90 dans laquelle il tenait le rôle principal, il navigue à vue. Profitant de la richesse de ses années de gloire et de ce qu’il lui reste de notoriété. Il passe ses jours et ses nuits à se saouler seul ou en groupe, dans sa villa sur les collines d’Hollywood ou dans des soirées organisées par les stars, et enchaîne les conquêtes d’un soir. BoJack a tout pour être heureux, selon les critères de certains. Mais l’est-il vraiment ? Est-il quelqu’un de bien ? Si non, comment le devenir ? 18 ans le sépare de ses heures de gloire et, aujourd’hui, il se rend compte qu’il est terriblement seul et complétement déconnecté de la réalité et des autres. Associable, cynique, égocentrique et égoïste, il faut dire qu’il a aussi tout pour être détestable. Mais pourtant, BoJack a un bon fond. Et c’est au moment d’écrire ses mémoires, de faire un point sur sa vie et de regarder droit dans les yeux son passé, qu’il se rend compte qu’il n’a jamais été vraiment connu le bonheur. Et qu’il est peut-être temps de changer les choses. Grâce à ceux qui l’entourent désormais, Diane l’auteure ayant la tâche de recueillir et d’écrire ses mémoires, Todd son colocataire looser qui campe son canapé, Princess Carolyn son agent et Mr Peanutbutter son ancien rival un peu idiot, il tente de trouver un sens à sa vie et de régler ses problèmes. Il tente d’apprendre à pardonner, à partager, à tisser des liens, tout en affrontant les fantômes de son passé. Il tente de devenir quelqu’un de bien.

Le comique de situation amené par le fait que certains personnages, même anthropomorphes, soient des animaux fait toujours mouche et enrobe ce fond tragique par un humour bien amené et jamais lourd. Le tout doublé par un casting dingue: Will Arnett en BoJack, Aaron Paul en Todd, Alison Brie en Diane, sans compter les dizaines de caméos parmi lesquels Paul McCartney, Ricky Gervais, Daniel Radcliffe, Olivia Wilde ou Naomi Watts. Sachez d’ailleurs que les acteurs ont enregistré les voix d’abord et l’animation a ensuite été posé sur les enregistrements. Ce qui donne des scènes improvisées, une fluidité, une crédibilité et un naturel incroyable aux doublages.

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La satire comme miroir

BoJack Horseman est une fable caustique sur la période post-célébrité et la violente solitude qui frappe ceux qui ne sont désormais plus sous les projecteurs. Cette série, c’est le récit d’une quête pour trouver le bonheur d’un looser magnifique et pessimiste qui ne sait pas comment s’y prendre pour changer… Et c’est ce fond mélancolique qui donne tout son sens à la série. Dosé de juste ce qu’il faut d’humour pour ne pas la rendre morose, l’équilibre est parfait. Les personnages sont attachants et on arrive toujours à s’identifier à l’un d’eux, ce qui amène souvent à une réflexion sur soi-même. On arrive à ressentir de l’empathie pour chacun d’entre eux, aussi idiots soient-ils, preuve que l’écriture des personnages est une réussite.
C’est aussi une critique acerbe de tout ce que fait Hollywood et le monde de l’entertainment américain aux individus et à notre vivre ensemble. Les producteurs véreux, l’auto-censure, les enfants-acteurs déconnectés, les paparazzis, la télé-réalité, les médias et leur immoralité, tout y passe. Les dérives de notre société sont exacerbées par le récit cynique et critique des auteurs de la série. Et ça fait un bien fou. Se regarder dans ce miroir déformant est plus enrichissant qu’il n’y paraît.

Sortir une série pareille est très courageux de la part de Netflix. Des séries animées satyriques avec des animaux anthropomorphiques ? On a déjà vu ça avec Seth McFarlane (Family Guy, American Dad..). Et puis ce style de dessin à la série MTV de la fin des années 90, rien d’original hein ? Oui, MAIS : BoJack Horseman dépasse toutes ces premières impressions par son discours de fond mature, profond et qui nous pousse à nous questionner, nous-même et la société. Sans cacher cela derrière une avalanche de blague potaches et lourdes. La série n’est pas faite pour être drôle ou tragique. Elle est fatalement réaliste. Et c’est en ça qu’elle est extrêmement bouleversante parfois.

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Définitivement, regardez BoJack Horseman. Cette série est vectrice d’un tas d’émotions différentes et opposées. Drôle mais critique, parfois mélancolique mais avec toujours le mot pour vous redonner le sourire, BoJack et ses amis vont vous manquer une fois votre binge watching terminé. Ils me manquent déjà beaucoup.

Quelqu’un a dit un jour « L’humour est la politesse du désespoir ». BoJack en est le meilleur exemple.

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Mewtecia
Rédacteur
23 ans. Étudiant en Master à Lille 3. Bossant beaucoup trop pour devenir game designer. Né avec une manette entre les mains, il a accumulé plus d'heures de jeu dans sa vie que d'heures de sommeil.

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