[Films & Séries] Jessica Jones : Le Bilan | LE TITRE

[Films & Séries] Jessica Jones : Le Bilan

Maintenant que les abonnés Netflix ont pu binge-watcher la nouvelle série produite Marvel, qui s’inscrit donc dans l’univers des autres séries (Agents of S.H.I.E.L.D, Agent Carter, et surtout Daredevil, puis bientôt Luke Cage, Iron Fist et The Defenders) mais aussi des films, il est temps de digérer tout ça. Alors, Jessica Jones, c’est bien ?

En résumé, oui, c’est même excellent et ce malgré des défauts qu’ignorer serait malhonnête. Parce que l’on peut tout à fait apprécier quelque chose quitte à se perdre dedans et n’en faire qu’une expérience sensorielle (ce sont les meilleures bien sûr), mais rien ne nous empêche par la suite de prendre du recul et de construire une réflexion critique raisonnée. Ce qui en soi ne ternit en rien notre appréciation de l’oeuvre ! Il s’agit juste de faire un peu marcher ses méninges.

Jessica Jones la série est l’adaptation d’un comic book très récent intitulé Alias et écrit par Brian Michael Bendis, qui est je ne le cacherai pas mon auteur de comics préféré depuis que je l’ai découvert en lisant Ultimate Spider-Man. Comme l’oeuvre originale, la série est une histoire de détective très sombre, qui adore s’en prendre à l’idéal américain du noyau familial ; Jessica Jones (Krysten Ritter, la bitch de l’appartement 23, la copine de Jesse dans Breaking Bad…) est une détective privée dotée d’une super force – pensez Faith dans Buffy – qui entre des enquêtes d’adultères classique se retrouve parfois face à face avec un psychopathe du doux nom de Kilgrave, qui a la capacité de contrôler les autres.

La première qualité de la série, c’est son originalité au sein de l’univers télévisé, et de l’univers Marvel. On a déjà vu des séries de ce genre, chez JJ Abrams chez Joss Whedon et chez James Cameron (bah oui, Dark Angel les copains), mais là c’est plus trash, plus tordu, plus angoissant. Et d’autant plus qu’on parle de Marvel là les gars, dont les films sont tellement grands public que Hulk peut détruire toute une ville sans tuer le moindre civil… alors que Jessica Jones est une des séries les plus dérangeantes que j’ai jamais vu, principalement à cause de son méchant qui prend un malin plaisir à ordonner aux gens de se mutiler ou se donner la mort de façon bien dégueulasse. Et puis bon ce serait sans parler d’enfants qui assassinent leurs parents, d’histoires de viol et autres horreurs… de la première à la dernière minute, la série n’a pas peur de traiter son sujet avec le sérieux qu’il mérite. Je ne vais pas spoiler la fin, mais je n’ai que rarement vu une fin de saison et d’histoire aussi amère. En fait, si, je vais spoiler la fin, mais tout en bas de l’article après un message d’alerte, donc c’est par là les cocoricos.

En tout cas, le résultat est un mélange pas toujours judicieux il faut l’avouer, mais qui a le mérite d’être assez unique, entre un film noir (avec la voix off et tout) et une sorte de dérivée des rape-revenge movies des années 70, ces films où des femmes bafouées, souvent violées, en venaient à se renforcer jusqu’à prendre leur revanche sur leurs agresseurs. Donc, le mélange des deux est un peu étrange, mais principalement parce que c’est franchement inhabituel, surtout si on rajoute en plus le côté super-pouvoirs.

La deuxième qualité majeure, et là on peut dire merci à la showrunner Melissa Rosenberg, c’est celle de ses personnages féminins, qui sont traités comme des vraies personnes. Ce n’est pas seulement Jessica, c’est aussi l’ignoble avocate jouée par Carrie-Ann Moss, la super méga giga cool Trish Walker, la voisine « soeur-poule »… cela fait réellement plaisir à voir, et c’est quelque chose qui compte beaucoup pour Melissa Rosenberg, fondatrice du groupe de production Tall Girls Productions qui vise à anéantir les stéréotypes de la fiction sur les personnages féminins. Comme quoi il ne faut pas juger une personne sur une seule oeuvre, puisque certains connaissent mieux Rosenberg pour son travail comme scénariste des quatre films de Twilight… Ainsi, tandis que Marvel Cinéma nous promet des films centrés sur des femmes depuis un bout de temps, il faudra attendre 2019 pour voir le résultat de ces promesses. Sachant que les films ont commencé en 2008 ça fait un peu mal quand même. Marvel Télévision quant à lui a débuté en 2013 et il en est déjà à sa deuxième série centrée sur une femme… Cela se passe de commentaire.

Mais il ne faut pas se leurrer les gars. Et les filles. Hein. L’atout majeur de Jessica Jones, c’est le même que celui de Daredevil ; c’est la réussite absolue de son méchant. Après l’époustouflant Wilson Fisk, qui réussissait à nous toucher alors que NON ESPECE DE MALADE, David Tennant vient casser la baraque en Kilgrave. Non d’ailleurs, ça n’est même pas qu’il casse la baraque, c’est qu’il construit la baraque, la remplit de bébés chiens, puis il entre dans la baraque, leur casse les pattes une à une, leur lit de la poésie Vogon puis fait brûler le tout. C’est sans aucun doute un des meilleurs psychopathes que l’on ait pu voir sur le petit écran (d’ordinateur), notamment parce qu’il le joue comme un enfant qui ne fait que des caprices. Sauf que ces caprices consistent plutôt à ordonner à quelqu’un de mettre sa main dans un mixeur pour la voir se faire broyer… Ouais.
Voilà. Jessica Jones confirme ce que Daredevil avait déjà montré si bien ; Marvel chez Netflix, c’est la mine d’or.
ATTENTION C’EST LA ZONE SPOILERS !!!!!!!!!
Dans Daredevil, Matt Murdock oscille sans cesse entre la loi et la justice de la rue, et c’est hyper important qu’il arrive à coïncer Wilson Fisk légalement. Et on s’y tient, et bon ok après ils se passent d’autres trucs et le combat finit dans la rue, mais ce qui compte c’est que le système marche.
Dans Jessica Jones, le résultat est… franchement plus sombre. Jessica passe la série à essayer de trouver un moyen de condamner Kilgrave, et bah, haha, ça marche pas ! Alors du coup elle essaie, ça foire, et plein de gens meurent. Et putain de sa race, au final, et ben elle lui tord le cou mes salauds. Fuck la justice, ça ne marche pas, le meurtre si ! Amer, ouais. Mais surtout, puissant. Et bien plus sombre que tout ce que DC a pu proposer pour l’instant, et loin de moi l’idée de vouloir relancer le débat…
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Renaud J. Besse
Rédacteur
Ecrivain touche à tout au sens large ; films, nouvelles, critiques, pièces de théâtre, musique...
Réalisateur au sein de la Micro-Vague Productions, acteur et coach chant dans la troupe de comédie musicale Les Kids des Etoiles.

Tout ça sonne cool mais sinon pour manger j'enseigne l'anglais !

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