CRITIQUE | Le garçon et la bête | LE-TITRE.FR

[Films & Séries] Le Garçon et la Bête : Pas bête et pas que pour les garçons

Quand même, ça doit être bien d’être un réalisateur japonais. Certes, parfois on doit subir des typhons et les dommages collatéraux des combats entre Godzilla et Mothra, mais tout de même, c’est incroyable à quel point on les laisse faire des films totalement barrés. Par exemple, ils ont tout à fait le droit de faire un long-métrage qui parle d’un monde parallèle avec des animaux anthropomorphiques qui font des arts martiaux tout en racontant la quête d’identité d’un enfant qui a grandi sans parents. Et dont le dernier acte inclut une baleine psychique qui survole Shibuya.

Mamoru Hosoda, car c’est lui qui a réalisé Le Garçon et La Bête, est surtout connu en France grâce à La Traversée du Temps, qui avait fait pas mal parler de lui à l’époque où j’étais au lycée. D’ailleurs, c’est un des rares à voir ses films d’animations distribués en Europe pour le grand écran, et non directement en format vidéo… mais ça, c’est parce qu’il est doué !

Donc, Le Garçon et la Bête, accessoirement deuxième plus gros succès au box office japonais de 2015, ça raconte l’histoire d’un gosse orphelin qui se retrouve dans le monde des Bêtes, adjacent au notre. Là-bas, il devient le disciple d’un maître d’arts martiaux bourru rustre et mal aimé, qui est destiné à affronter un autre maître digne noble et bien aimé, pour savoir qui sera le nouveau chef du monde des Bêtes. Donc, ça parle d’arts martiaux, mais aussi des relations père-fils, tout en mélangeant les deux pour un cocktail explosif de coolitude et de feels dans la poitrine. Le coeur du film, c’est donc l’évolution de la relation entre Kumametsu le petit Ren, qui devient son fils adoptif. Les deux sont têtus comme des ânes et n’hésitent pas à se prendre le bourrichon, ce qui peut être tout autant coquasse que touchant. Et puis, je ne veux pas trop spoiler, mais sachez qu’après la première heure l’histoire prend un tournant assez inattendu et se met à mélanger des choses hyper étranges, le tout pour finir en gros what the fuck rocambolesque façon manga shônen. Donc, sympa.

Parfois prévisible et légèrement déroutant, Le Garçon et la Bête n’est pas un film parfait, c’est sûr. Malgré ses écarts, il reste malgré tout assez classique en dessous de son polissage, ce qui n’est pas forcément une mauvaise chose ! C’est que Hosoda parvient justement à faire résonner des archétypes avec son originalité et une PUTAIN de bande-son qui déchire, et ça, c’est vraiment génial. Son animation est très douce, légère, tandis que son montage est extrêmement dynamique. Ses images et plans et mouvements sont très expressifs et donnent une vie aux sentiments présentés à l’écran, et rien que cela mérite un visionnage.

On retrouve notamment son utilisation désormais classique (oui, chez les aficionados d’animation japonaise, certes, ça fait un public réduit) du travelling latéral : il montre ses personnages de côté et à une certaine distance mais qui ne traduit pas d’une objectivité ou d’une neutralité. Au contraire, son mouvement nous guide de droite à gauche en choisissant de nous laisser voir une partie de l’action et pas une autre. Parfois il s’en sert pour rassembler les personnages, d’autres fois pour les séparer… De manière générale, le style de Hosoda est extrêmement direct. C’est-à-dire qu’il ne passe par la subtilité et préfère nous en balancer plein la face que de laisser s’installer les choses dans l’ombre. Cela se voit notamment dans le traitement d’un personnage censé cacher un secret, mais qui apparaît évident dès sa première apparition à l’écran. C’est une forme de rentre-dedans, mais tout en douceur. Bref, les dessins et leurs mouvements participent énormément à la narration et nous plonge d’autant plus dans cette histoire farfelue et émouvante. Un film à voir les copines et copains !

Renaud J. Besse on youtubeRenaud J. Besse on facebookRenaud J. Besse on email2Renaud J. Besse on blogger
Renaud J. Besse
Rédacteur
Ecrivain touche à tout au sens large ; films, nouvelles, critiques, pièces de théâtre, musique...
Réalisateur au sein de la Micro-Vague Productions, acteur et coach chant dans la troupe de comédie musicale Les Kids des Etoiles.

Tout ça sonne cool mais sinon pour manger j'enseigne l'anglais !

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <s> <strike> <strong>