[Films & Séries] Snoopy et les Peanuts : Joyeux Noël bande de gnoufs | LE TITRE

[Films & Séries] Snoopy et les Peanuts : Joyeux Noël bande de gnoufs

C’est la période des fêtes, et j’ai trouvé LE film de Noël de l’année. Je vais faire bref, je vais faire bien : si vous souhaitez avoir le coeur gros et un sourire tremblant sur la face, allez donc voir le film sur les aventures de Charlie Brown et ses amis : Snoopy et les Peanuts. C’est-à-dire la 5e adaptation au cinéma de l’oeuvre de Charles Schulz, et ce comme toujours depuis son décès dirigé par ses enfants. Un héritage, ça ne se prend pas à la légère hein !

On se souvient bien nous, des personnages et de la bande-dessinée de quand nous étions petits. Charlie se fait tourmenter par tout le monde, il est maladroit ; Snoopy est talentueux et rêve sur sa maison de chien d’être un pilote d’avion exceptionnel dans de folles aventures endiablées. Et puis il y a tous les autres : Lucy la psychologue du soir, Sally Brown, Schroeder, Marcie… mais si vous ne connaissez pas l’univers, pas d’inquiétude. On y rentre comme dans un moulin, et on y reste comme dans un lit bien douillet. Il fait froid dehors, mais sous la couverture, un monde de couleurs et de rires s’offre à vous…

L’histoire est simple : une nouvelle élève arrive, et Charlie Brown (il faut toujours l’appeler par son nom complet, c’est comme ça) veut l’impressionner. C’est l’occasion rêvée pour lui de se débarrasser de son image, et de se laisser voir à des yeux neufs ! Mais, évidemment, c’est Charlie Brown, et les catastrophes vont pleuvoir à droite et à gauche. Et j’insiste bien sur ce dernier élément : même si l’animation est en 3D, les directions des personnages sont presque uniquement latérales. Comme dans une bande dessinée, le monde des Peanuts existe principalement dans des mouvements vers la droite ou vers la gauche ; ce qui veut dire que le travelling latéral est le moyen d’expression le plus utilisé de tout le film. Ce qui est FASCINANT. Parce que c’est un des éléments du langage cinématographique les moins maîtrisés, puisqu’il suggère une certaine distance… ce qui est exactement ce qu’il fallait au film. Car les personnages sont tellement adorables, tellement attachants, l’animation tellement enjouée, que la caméra peut se contenter de prendre de la distance et de les laisser s’exprimer.

Les seuls véritables moments qui s’émancipent de cette sobriété sont les séquences où Snoopy écrit une romance romanesque dans les airs, qui semble s’inspirer très fortement de l’esthétique des grands films du passé qui alliaient histoire d’amours et pilotes de ligne. Oui, c’était un vrai genre de cinéma, et je pense que le dernier en date était le Always de Steven Spielberg, qui date quand même déjà de 1989… je recommande chaudement si vous aimez les trucs à l’eau de rose, pas très bien mais qu’on aime regarder avec un chocolat chaud. Et l’action est tellement bien maîtrisée (dans ces séquences et dans le reste du film d’ailleurs) qu’il ne pourrait y avoir aucun dialogue, et nous comprendrions tout à fait. En fait il faudrait une version du film où les enfants parlent comme les adultes (des espèces de vieux sons de trompette)… mais bon, ce serait perdre la GENIALITUDE des dialogues du film. Pour faire simple, les enfants (et les doubleurs ont l’air d’être de vrais enfants, ce qui rend le tout encore plus parfait) parlent comme des adultes. Ils ne mâchent aucun mot, aucune syllabe, ils disent « je n’ai pas » et jamais « j’ai pas », ils sont capables de parler d’une fiche de lecture comme d’une « fine analyse littéraire extrêmement pertinente et éclairée » alors qu’ils sont en primaire, et c’est tout simplement putain d’adorable.

Le film traite avec autant de sérieux l’envie qu’ont les enfants de se comporter comme des adultes (faire une fiche de lecture sur « Guerre et Paix de Leou Toulston », servir de psychiatre à cinq centimes la séance, récompenser avec honneur une réussite scolaire), que leurs enfantillages enjoués, et c’est sa grande réussite. Il ne prend pas les enfants pour des cons, et il expose sans condescendance la raison qui fait que moi, vieil adulte pourri de 25 ans, je vais voir ce genre de film : il nous rappelle exactement ce à quoi le monde ressemble quand nous étions hauts comme trois pommes. Et ça, aussi éphémère que cela soit, c’est exactement ce que nous recherchons au moment des fêtes de fin d’année. Alors joyeux noël les copains et les copines !

Renaud J. Besse on youtubeRenaud J. Besse on facebookRenaud J. Besse on email2Renaud J. Besse on blogger
Renaud J. Besse
Rédacteur
Ecrivain touche à tout au sens large ; films, nouvelles, critiques, pièces de théâtre, musique...
Réalisateur au sein de la Micro-Vague Productions, acteur et coach chant dans la troupe de comédie musicale Les Kids des Etoiles.

Tout ça sonne cool mais sinon pour manger j'enseigne l'anglais !

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <s> <strike> <strong>