[Films & Series] Spectre : la pâle copie de Skyfall | LE TITRE

[Films & Series] Spectre : la pâle copie de Skyfall

Oui, j’ai fait un jeu de mot sur Spectre, et sur l’idée selon laquelle le nouveau film de James Bond ne serait que le fantôme décarcassé, vidé et franchement à chier, du précédent opus qui avait franchement cartonné. Je ne serai pas le dernier à le faire je vous le garantis.

Nous sommes en 2015, l’année du film d’espionnage, et c’est le maître qui vient fermer le bal ; trois ans après le succès interplanétaire du film – mais surtout de la chanson, il faut l’avouer – Skyfall, tout le monde revient pour reprendre une part de gâteau. Daniel Craig est là avec toute sa bande (Naomi Harris, Ralph Fiennes et Ben Wishaw), Sam Mendes est toujours aux commandes et Thomas Newman à la musique, et bien sûr… ah. Ok, premier problème, pas de Roger Deakins en vue. On en reparlera.

Donc James Bond revient et fait un carton monumental au box office américain, explosant celui de Skyfall ce qui semble tout à fait logique étant donné l’engouement qui l’a entouré… mais j’ose espérer que les critiques négatives, ainsi que le bouche à oreille va changer la donne. Parce que Spectre ne mérite pas tout ce fatras, je vous le dis je l’écris haut et fort. Car il est clair que les producteurs de Bond ont voulu répéter ce qui fonctionnait dans le film précédent… ce qui pose deux problèmes majeurs. Le premier, c’est de rendre le tout totalement incohérent, bâtard et à la limite insultant pour le spectateur moyen. Pour pouvoir coller à la « formule » qui marche, on nous renvoie de la géopolitique au sein des services d’espionnage, des histoires de famille, et encore pire des histoires de famille. Oui, Christoph Waltz a un passif avec Mr Bond et il joue le méchant, encore un problème soit dit en passant…ARRETEZ DE CASTER DES ALLEMANDS ET SURTOUT CHRISTOPH WALTZ DANS DES ROLES DE MECHANTS MEME TARANTINO LE MEC QUI A INVENTE LE MECHANT CHRISTOPH WALTZ EST PASSE A AUTRE CHOSE DANS DJANGO UNCHAINED MERCI BEAUCOUP BANDE DE NAZES.

Le second problème, c’est qu’un film de James Bond est déjà par nature saturé par des jalons « obligatoires ». La voiture, les gadgets, les femmes objets, le speech du méchant qui ne tue pas le héros tout de suite, la scène d’action d’ouverture… si on rajoute à tout ça une volonté évidente et totalement mal venue de cloner Skyfall, le résultat ne peut tout simplement pas être un film. Cela peut juste être une grosse bouillasse. Un peu comme si quelqu’un avait mis un DVD de Skyfall dans le micro-ondes avec un bouquin de Ian Fleming jusqu’à ce que le tout fonde et devienne de la… bouillasse. Sérieusement, ils vont tellement loin dans la copie que le bâtiment qui a explosé dans Skyfall, attention spoilers, explose de nouveau ici !! Et à cause de ce cafouillis gigantesque, des éléments qui devraient être amenés dans la thématique du film sont mentionnés ici et là au fur et à mesure du dialogue, mais sans avoir aucune portée car le film ne leur a pas donné le temps d’exister. Ainsi, quand le méchant nous apprend attention spoilers, que Bond est amoureux de sa Bond Girl Léa Seydoux, et ben désolé mais rien mais alors RIEN n’aurait pu nous le laisser penser s’il ne l’avait pas dit. Vous voyez le problème ?

Il y a deux trois choses à sauver. Mais j’en parlerai dans le prochain paragraphe, là je vais juste continuer à cracher mon venin façon mec bien remonté, parce que c’est exactement ce que je suis là maintenant. Les scènes d’actions sont moches, la majorité du film est jolie mais n’obtient presque jamais la grâce et la puissance de la photographie de Roger Deakins, qui avait travaillé sur tous les films de Sam Mendes depuis la mort de son directeur de la photo le génialissime Conrad L. Hall. Dès la première minute, le pire est annoncé, par un plan séquence extrêmement acrobatique mais qui au final n’a absolument aucune portée narrative ou dramatique. On est à l’opposé de ce qui a fait le talent de la direction de Sam Mendes jusqu’à maintenant, et voir son être cinéma mutilé de la sorte me donne envie de vomir. Il est temps, grand temps, putain de gigantesque temps que le génie derrière American Beauty et Les Sentiers de la Perdition recommence à faire du cinéma. Du vrai, pas des fantômes. Et, si je peux me permettre, il est temps qu’il refasse des films où les personnages féminins sont intéressants ; c’est terrible de voir ce à quoi Naomi Harris est réduite dans Spectre, et encore pire pour Léa Seydoux. L’actrice française n’a jamais été aussi belle que dans ce James Bond, et je vous dis ça en gros fan de la demoiselle, mais ses talents – indéniables, ce n’est pas parce qu’elle est pistonnée sa race qu’elle n’est pas douée – sont plus que sous-exploités. Vraiment, tous les personnages féminins se font totalement niquer dans ce film. Par James Bond, par le scénario désuet, ou par les deux. C’est avec ce genre d’échec que je me souviens qu’au fond, James Bond, c’est putain de beauf. Allez vas-y monte dans ta caisse, bois de l’alcool, et tape-toi des belles femmes.

Ah oui, j’avais promis des bonnes choses dans le film. Il y a un bon gag avec un canapé, et la première scène de Christoph Waltz est aussi bien éclairée qu’une scène de Citizen Kane d’Orson Welles, c’était vraiment sublime. Voilà. C’est tout. Spectre vient fermer le bal de l’année des films d’espionnage, et c’est à mon sens celui qui s’en tire le moins bien. Après le succès indéniable de Kingsman et Mission Impossible, et ceux plus modérés de Spy et de The Man from U.N.C.LE (vous pouvez lire mes critiques sur tous ces films sur mon blog Deux Trois Mots de Cinéma si ça vous intéresse), le papa du genre a l’air terriblement dépassé. Et j’espère qu’il va se planter au box office, et que les spectateurs vont montrer aux gros producteurs qu’ils sont moins cons qu’ils ne les croient. Sauf que vu ce qu’il s’est passé avec Jurassic World – film entre moyen et médiocre qui pète tous les records en terme de fréquentation -, je pense pouvoir le dire sans hésiter : j’ai très peu d’espoir.

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Renaud J. Besse
Rédacteur
Ecrivain touche à tout au sens large ; films, nouvelles, critiques, pièces de théâtre, musique...
Réalisateur au sein de la Micro-Vague Productions, acteur et coach chant dans la troupe de comédie musicale Les Kids des Etoiles.

Tout ça sonne cool mais sinon pour manger j'enseigne l'anglais !

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