Critique - Spotlight Pourquoi c'est bien - Le Titre Renaud J Besse

[Films & Séries] Spotlight : Les Hommes du Vatican

Grand favori aux Oscars avec The Revenant, Spotlight est un film qui avait tout pour m’irriter dans le sens inverse du poil. Au point que j’en sortirai des expressions totalement insensées comme celle que je viens d’écrire. Et il n’en fut rien ! Parlons-en.

Ok les gars, je prends les paris sur lesquels d’entre vous seront nommés aux Oscars

De quoi ça parle ?

Spotlight raconte l’histoire « vraie » (encore oui, j’en ai un peu marre… mais passons) d’une équipe de journalisme d’investigation du Boston Globe qui, en 2001, a enquêté sur un scandale révélant que le Vatican couvrait des centaines de prêtres pédophiles. Vous savez, c’est grâce à ces journalistes que l’on peut faire ces supers blagues sur les prêtres et les petits garçons ! Ce qui est sexiste, les petites filles aussi ont pu en souffrir alors hein. Spotlight, du coup, c’est le nom de cette équipe. Quoi de particulier dans tout ça ? Principalement le cadre de l’action, puisqu‘il s’agit de Boston dont on parle, c’est-à-dire la ville majeure la plus communautaire et catholique des Etats-Unis. Cela veut dire que Spotlight voit s’affronter des bostoniens qui veulent soulever le capot de la ville et montrer le merdier qu’il y a l’intérieur, et ceux qui pensent sincèrement qu’il serait mieux pour tout le monde qu’on continue à admirer la carrosserie de l’extérieur.

Stanley Tucci lui, en a un peu marre de cette ville de catéchiants. Regardez moi ce regard !

Pourquoi c’est bien ?

Parce que c’est un très bon script qui sert une histoire captivante, dans laquelle on se sent tout de suite investit. Suivre des journalistes qui tentent de mettre en lumière (les bilingues riront) les bassesses des hommes de la messe qui aiment baiser des gosses dans leurs fesses, forcément c’est intense ! Et cela rappellera d’autres films de la sorte, le plus célèbre étant Les Hommes du Président (ceux qui ont lu le titre riront) d’Alan J. Pakula, dans lequel Robert Redford et Dustin Hoffman sont les journalistes du Washington Post à l’origine du scandale du Watergate. Le genre du film est donc déjà un avantage.

Dans ce film, vous verrez beaucoup de gens parler en étant assis, et noter des choses dans des carnets. Et c’est captivant !

Parce que les acteurs sont incroyables et les personnages aussi. Michael Keaton est inspirant en leader, Rachel McAdams et Bryan D’Arcy James sont vrais et assez touchants, Mark Ruffalo est totalement habité par la passion du devoir… et les personnages secondaires ne sont pas en reste. On a John Slattery qui conjugue coolitude du boss dans The Newsroom avec le swagg de son propre Sterling dans Mad Men, on a Stanley Tucci qui joue un avocat arménien qui représente les enfants victimes d’abus sexuels… Spotlight a le cul bordé de nouilles, sauf que dans ce cas précis le cul c’est un film, et les nouilles ce sont des acteurs excellents dans des rôles excellents. Spotlight, en deux mots : ça déchire.

Les fans de Broadway reconnaîtront Brian D’Arcy James sous cette moustache ridicule.

Pourquoi ça m’irrite ?

Parce que ce film est on ne peut plus classique. Il n’a rien de particulièrement audacieux et ce à toutes les échelles. Le casting est composé de stars connues et reconnues, la direction d’acteur est classique, le montage l’est. Des choix de palettes de couleur, aux mouvements au cadrage, tout est dans la norme. Ce qui n’est pas réellement un drame… mais le film est favori dans la course aux Oscars. Or, l’académie se vante de récompenser l’audace et l’innovation sous bien des aspects ; ce qu’ils font dans certaines catégories et dans une certaine mesure chaque année certes. Mais l’étendue de cette mesure est, dans bien des cas, totalement négligeable, et c’est bien dommage. Tout cela n’enlève rien à Spotlight bien évidemment : ce n’est pas un crime d’être classique… non ?

Parfois aussi on marche en parlant, histoire de varier !

Pourquoi on s’en fout ?

Non, ça n’est pas un crime. Il est vrai que le cinéma est un art du mouvement par définition, et qu’il – par définition toujours – raconte par l’image. Quand celle-ci manque d’imagination on est en droit à mon sens de critiquer ; sauf que des choix minimalistes sont aussi entièrement compréhensibles. Dans un film complexe tel que celui-là, il convient de ne pas embrouiller le spectateur en étant trop conceptuel, surtout si on souhaite avoir du succès auprès du public pour, oh je ne sais pas, les Oscars par exemple ? Car là est mon seul véritable problème avec le film, et c’est du coup totalement externe à sa propre existence : il gagne des prix. Or, je veux bien que l’on soit excellent, mais je préférerais que l’on célèbre plutôt la nouveauté et la prise de risque que des choses plus classique. Dans un style similaire, Steve Jobs de Danny Boyle tente des choses, beaucoup. Il ne réussit pas toujours, certainement, mais ce qu’il entreprend est noble parce que risqué ! Donc, au final, on s’en fout que Spotlight soit extrêmement classique. Vous y trouverez votre compte, je vous le garantis. Ne vous attendez juste pas à quelque chose de révolutionnaire.

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Renaud J. Besse
Rédacteur
Ecrivain touche à tout au sens large ; films, nouvelles, critiques, pièces de théâtre, musique...
Réalisateur au sein de la Micro-Vague Productions, acteur et coach chant dans la troupe de comédie musicale Les Kids des Etoiles.

Tout ça sonne cool mais sinon pour manger j'enseigne l'anglais !

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