[Films & Séries] Stranger Things: Aventure, Fantastique et Nostalgie | LE TITRE

[Films & Séries] Stranger Things: Aventure, Fantastique et Nostalgie

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Vous vous souvenez de cette époque bénie où l’on tournait dans tous les sens nos Rubik’s Cube en écoutant Madonna ? Où de cette fois où vous êtes allé au cinéma voir l’Empire Contre Attaque ? Où encore de ce Noël où vous avez reçu une NES toute neuve pour jouer à Super Mario Bros. ? Non ? Moi non plus. Je suis né au début des années 90. J’ai donc, comme beaucoup d’enfants des 90s, grandi avec les films des années 80. Avec l’imaginaire fantasmé de la décennie précédente, transmise par nos vielles VHS. Que ce soit à travers les yeux de Zemeckis et de son McFly voyageant dans le temps, où que ce soit sur Elm Street, entre les griffes de Wes Craven. Il existe en nous un imaginaire collectif, une décennie  qui n’est pas vraiment la notre, parallèle à notre réalité, décorée de tapisseries moches, où l’on porte le jean patte d’eph avec élégance en dansant sur un air de synthé, sous les couleurs fluos des néons. Laissez la DeLorean au garage, on allume Netflix: Aujourd’hui, on prend une bonne dose de madeleine de proust et on parle de Stranger Things.

Un hommage touchant au cinéma des 80s

Annoncée l’année dernière et confirmée en ce début d’année 2016, Stranger Things débarque dans la grille de Netflix un peu en catimini. Coincée entre la nouvelle saison d’Orange Is The New Black et celle de Bojack Horseman (deux séries que Le Titre vous conseille inconditionnellement, évidemment). Et des séries si discrètes qui se révèlent être de tels chefs d’oeuvre, on en voudrait plus souvent. Disons-le tout de suite: Stranger Things est une immense réussite. L’histoire tient en ces quelques lignes: Début des années 80, à Hawkins, Indiana, une bande de cinq gamins un peu geeks, l’un d’eux disparaît. Sa mère mène une véritable croisade pour le retrouver. Une autre enfant, mystérieuse, silencieuse et munie d’étrange pouvoirs fait son apparition en ville. La suite ? Il faut aller la chercher dans un imaginaire halluciné et hallucinant, qui semble être tout droit sorti d’un bouquin de Stephen King. L’auteur a lui même « adoubé » la série sur les réseaux sociaux, déclarant qu’il s’agissait d’un mélange de ses meilleures idées. Rien que ça.

 

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Recevoir les compliments de Stephen King: Check.

 

Il est évident que Stephen King est la principale influence pour l’intrigue de la série. Pour ce qui est des influences cinématographiques, il faut cette fois aller chercher dans nos poussiéreuses VHS et en ressortir le meilleur. Il y a de claires références visuelles à l’opressant Shining, au road-trip insouciant de Stand By Me, à l’angoisse du hors-champ d’Alien, à la violence cauchemardesque de Sam Raimi, à l’horreur organique de Kronenberg, aux synthés de Carpenter dans la musique… Les clins d’œils sont aussi nombreux qu’ils sont réussis et pertinents. Car la réalisation est loin de proposer le côté cheap que l’on connait aux séries SF de ces dernières années (genre, au hasard, Under The Dome ou The 100). Ici, pas de façon de mettre en image totalement aseptisée par manque de budget (où d’ambition artistique), pas de mise en scène générique, tout est pensé en terme d’esthétique et de sens. La série a cette patine qui sent bon les années 80 et l’Amérique profonde, loin d’être idéale et pas loin d’être très angoissante. On y est.

Le principal reproche que l’on a fait à la série, c’est son trop plein de références pop, propres au cadre spatio-temporel. Et vas-y que je te colle un poster d’Evil Dead en écoutant les Clash sur un lecteur cassette, et vas-y que je joue du yoyo entre deux parties de Donjons & Dragons. Mais c’est omettre le fait que la série ne prétend pas être une série des années 80. Elle prétend être une série dont l’histoire se déroule dans les années 80 telles qu’on se figure cette époque aujourd’hui, teinté de cet imaginaire acquit au travers des films de notre enfance. Un peu comme le 1955 de Retour Vers Le Futur était une vision fantasmée des 50s tel qu’on l’imaginait dans les 80s. Et c’est ce qui nous donne ce frisson. On connait cet univers de films des années 80, on a grandi avec. Et on est heureux de s’y replonger.

Amérique clichée et insouciance.

Ce setting « film de notre enfance » ne serait rien sans ce petit village que l’on a vu mille fois ailleurs et ces décors verdoyants, peu peuplés et trop calmes du Nord des Etats Unis, si chers aux histoires de Stephen King. Ce genre de village où le mot « communauté » prend tout son sens. Où tout le monde se connaît, avec son shérif respecté qui n’a pas trop à faire, ses écoles et tout ce qu’elles comportent d’équipes de sports et de mascottes , ses banlieues pavillonnaires et ses mobile-homes dans les bois. Ce genre de petit coin tranquille, sans histoire (jusque là), qui rendrait presque claustrophobes. Claustrophobie accentuée par cette Amérique Reaganienne, sur laquelle plane le spectre de la Guerre Froide.

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Comme Stand By Me, E.T, Les Goonies, Les Greemlins et j’en passe, la série aborde aussi le sujet de l’enfance et de ce rapport au danger biaisé par l’insouciance. Ces gamins qui doivent affronter des dangers et des problèmes plus grands qu’eux, qui dépassent même les adultes. Mais qui ont cet inconscience innoncente qui leur fait prendre des risques. En n’oubliant pas de traiter au milieu de tout ça les thèmes de l’amitié, de l’amour et de la fraternité.

Et il faut aussi évoquer ce casting parfait, avec des enfants acteurs vraiment, vraiment doués (coups de cœur pour El et Toothless), un David Harbour absolument parfait en Sherif badass/drôle/touchant, et à une Winona Ryder qui survole totalement la série par sa crédibilité et sa justesse dans son rôle de mère à la recherche de son fils.

Stranger Things est à voir et à montrer à tous. Une excellente aventure fantastique enrobée d’un doux parfum de nostalgie pour ceux qui ont grandi avec le cinéma des années 80. Sans forcer, ni user de cliffhangers pour garder son audience au taquet, Stanger Things s’affirme comme l’une des meilleure série de cette année, et comme l’une des plus belles réussites de Netflix, qui a déjà commandé une deuxième saison. A ne surtout pas manquer.

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Mewtecia
Rédacteur
23 ans. Étudiant en Master à Lille 3. Bossant beaucoup trop pour devenir game designer. Né avec une manette entre les mains, il a accumulé plus d'heures de jeu dans sa vie que d'heures de sommeil.

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