[Films & Séries] The Big Short : Monde de Merde, lol | LE TITRE

[Films & Séries] The Big Short : Monde de Merde, lol

C’est le début d’année, et si presque tout le monde (moi y compris) ne fait que parler de Star Wars, il n’y a pas que ça au cinéma qui mérite notre attention. Par exemple, The Big Short, qui est sorti il y a quelques semaines, discrètement, mais que beaucoup voient déjà arriver loin aux Oscars. Ont-ils raison, ont-ils tort ? Personnellement, je m’en branle avec du ciment, tout ce que je peux vous dire c’est qu’on a affaire à un des meilleurs films de l’année 2015.

The Big Short, sous-titré « Le Casse du Siècle » en France, raconte comment quelques individus au sein du monde de la finance ont prédit l’effondrement de l’immobilier de 2007 qui a mené à la pire crise économique de l’histoire de nos ptits culs d’humain. En gros Christian Bale joue le génie des maths qui a mis en place des CDS (credit default swap) outranciers avec les banques, pariant contre le marché immobilier, ce qui est pour les banquiers de l’époque totalement insensé. Cependant d’autres remarques son comportement improbable et y jettent un coup d’oeil et tentent eux aussi de profiter de la situation, que ce soit le cynique Ryan Gosling, le vertueux Steve Carell (qui veut exposer les banques pour leur comportement frauduleux), ou les deux ptits jeunes protégés de l’ex-trader joué par Brad Pitt.

Du coup, vous vous dîtes : maiiiis ça va être hyper compliqué à suivre !! Déjà là, ton histoire de CDS, c’est pas franchement limpide… et vous avez entièrement raison, c’est dur à suivre. Et ça, le film en a conscience, et il vous prend par la main. Du coup, en plus de pouvoir regarder les quatre acteurs formidables que j’ai cité plus haut et les guests stars démentielles (Karen Gillan, un des types de New Girl, le type de The Normal Heart...),  propose également des explications assez… directes. Par exemple, Ryan Gosling (narrateur du film en plus d’incarner un personnage) annonce au début du film que Margot Robbie dans un bain avec du champagne va nous expliquer les « subprimes ». Ouais. Tout de même. Ouais.

Vous l’aurez compris avec cette dernière précision, The Big Short est totalement déjanté. Sous bien des aspects, il semblerait que le sujet qu’il touche, et la folie qu’il représente – d’autant plus qu’elle est réelle -, se déverse dans sa forme même. De nombreuses séquences prennent ainsi plaisir à tordre le cou aux codes des « histoires vraies » racontées au cinéma, avec par exemple un personnage qui va interrompre une scène pour s’adresser à la caméra et préciser que ça ne s’est pas vraiment passé comme ça en vrai… puis va laisser la scène reprendre comme si de rien n’était.

Et oui, on rit beaucoup, surtout pendant la première heure… alors que franchement, ça n’a rien de drôle de voir ces putains de fils de pute jouer avec les vies de millions voire des milliards de personnes, tout ça pour s’en mettre plein les poches tout en sachant que si tout s’effondre, ils seront sauvés par les contribuables et l’Etat. Mais le fait est que tout ce que l’on voit est tellement hallucinant que l’on ne peut s’empêcher de rire, c’est nerveux… jusqu’aux quinze dernières minutes qui font quand même supra méga mal au cul. Il faut dire que le narrateur est monstrueusement cynique, et il le dit dès le début du film : pendant que le monde (donc, nous) se concentre sur Internet, Youtube, Apple, l’explosion de la pop – la musique et la culture -, les banques elles, concentrent l’argent. Déprimant, cynique, désopilant, The Big Short est un chef d’oeuvre d’humour noir que l’on pourrait résumer à cette image ; un serpent qui n’est même pas au courant qu’il se mort la queue.

C’est donc un véritable tour de force pour la société de production de Brad Pitt (qui a encore le beau rôle dans le film avec Steve Carell, les seuls types qui semblent avoir une quelconque forme de conscience au milieu de cet enfer… ce qui est terriblement paradoxal étant donné qu’ils en font bien partie), et pour le réalisateur et scénariste Adam McKay qui signe là sa première oeuvre sérieuse (et sans Will Ferrell) après une longue carrière. Chapeau gars, et je le redis : un des meilleurs films de l’année.

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Renaud J. Besse
Rédacteur
Ecrivain touche à tout au sens large ; films, nouvelles, critiques, pièces de théâtre, musique...
Réalisateur au sein de la Micro-Vague Productions, acteur et coach chant dans la troupe de comédie musicale Les Kids des Etoiles.

Tout ça sonne cool mais sinon pour manger j'enseigne l'anglais !

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