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[Films & Séries] The Danish Girl : Eddie Redmayne Anyways

Voilà bien un film que je pensais vraiment détester. Alors qu’on s’approche de la grande et terrible cérémonie des Oscars, à la fois frustrante et gratifiante, plaisante et vaine à la fois, les derniers films qui y seront représentés sortent chez nous.

Eddie et sa robe

De quoi ça cause ?

Voici donc venir The Danish Girl, film qui raconte l’histoire « vraie » (oui je mets des guillemets parce que c’est un film et que je suis là pour parler de lui, pas d’une oeuvre à vocation documentaire objective) d’une trans dans le Copenhague des années 20. L’histoire est simple : il était un fois un peintre (Eddie Redmayne) célébré pour ses paysages, et sa femme (Alicia « drop dead gorgeous » Vikander) peintre de portraits, beaucoup moins célébrée. Un jour, alors qu’une modèle lui fait faux bond, la peintre demande à son mari de poser à sa place, dans une robe. Ainsi commence un jeu de sensualité et de dérives artistiques qui ne feront que révéler à Eddie Redmayne qu’il est, en son cœur, une femme.

Avant d’assumer sa véritable identité, le peintre joue à devenir « Lilly », sa cousine en visite…

Je ne souhaite pas parler des polémiques autour du sujet car je m’y connais très mal et d’autres qui sont directement concernés (des membres de la communauté trans) pourront vous expliquer mieux que moi les soucis qu’une telle oeuvre impose à ceux qui se voient représentés dedans, en bien ou en mal. Non, j’aimerais juste dire que j’ai été (un peu) agréablement surpris par ce film, alors que franchement je n’aime pas beaucoup Tom Hooper.

L’importance thématique des paysages dans le film transparaît dans l’introduction et dans tous les plans d’ensemble : nous sommes bien dans le film d’un peintre.

Tom Hooper, un bon réalisateur mais sans plus ?

C’est vrai quoi, je le trouve un peu… en deçà des autres réalisateurs avec qui on l’associe en général. Cela peut sonner très dur, mais il est un peu pour moi une sorte d’excellent réalisateur de téléfilm, pas de cinéma. Il sait créer de très belles images, de superbes couleurs avec une palette extrêmement cohérente et expressive, ce qui est très important dans un film qui parle de peintres, et sa direction d’acteur est exemplaire… Mais il m’apparaît toujours comme trop convenu, pas assez aventureux, toujours au seuil de l’excellence sans jamais y mettre les pieds de peur de trébucher.

Permettez-moi de mourir, je trouve Alicia Vikander absolument parfaite.

Des qualités indéniables pourtant

Et pourtant, The Danish Girl ne m’a pas déplu grâce à ses quelques moments de fulgurance entamés, et en dépit d’une fin pas franchement engageante. On retiendra donc surtout la performance d’Alicia Vikander en personne dévouée et en artiste épanouie, qui trouve dans la femme qu’est son mari un sujet inépuisable de portraits fascinants. Cette focalisation sur l’accompagnateur était également un des angles d’approches de Xavier Dolan dans Laurence Anyways (meilleur film du monde) puisqu’une grande partie du film se consacre à la vie du personnage de Suzanne Clément qui suit l’évolution de Laurence, et je crois que l’on peut déduire de ces deux occurrences que c’est TOUJOURS une bonne idée. C’est comme ça que ça marche la science.

Mort à tous ceux qui ont osé la faire pleurer. Mort que je vous dis.

Enfin, on se souviendra également d’une séquence extrêmement touchante et maîtrisée où Eddie Redmayne se rend dans un bordel pour observer une femme/sirène se trémousser façon Camgirl du passé et imiter ses gestes. Dès le moment où la femme s’aperçoit qu’Eddie tente de l’imiter, il s’installe un regard entre eux qui transcende la beauté cruelle de l’image (le numérique fait ici ressortir tous les pores de la peau des personnages, et tout semble trop vrai, palpable et fragile…) pendant quelques minutes seulement, mais des minutes que je ne pense pas oublier.

The Danish Girl est nommé aux Oscars pour ses costumes.

Bon, est-ce que je pense du coup que ce film mérite sa place aux Oscars ? A mon sens, pas du tout. Mais les cérémonies et les prix hein, ça a beau être bon pour la carrière de tous ceux qui sont impliqués, ça ne résiste pas à l’épreuve du temps et de la cinéphilie.

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Renaud J. Besse
Rédacteur
Ecrivain touche à tout au sens large ; films, nouvelles, critiques, pièces de théâtre, musique...
Réalisateur au sein de la Micro-Vague Productions, acteur et coach chant dans la troupe de comédie musicale Les Kids des Etoiles.

Tout ça sonne cool mais sinon pour manger j'enseigne l'anglais !

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