[Films & Séries] The Visit : M Night Shyamalan a fait un bon film | LE TITRE

[Films & Séries] The Visit : M Night Shyamalan a fait un bon film

Et oui Internet, toi ce cher Internet que j’adore mais qui en surface adore faire des blagues faciles sur la pop culture, qui a la mémoire courte et la nuance inexistante, je t’annonce quelque chose : il est peut-être temps d’arrêter les vannes sur Shyamalan.

Soudain, boom, analepse ! Nous autres de la génération 90 découvrons un film à la télévision, et tout le monde ne fait qu’en parler. Le Sixième Sens, son gosse qui voit les morts, et son twist archi connu désormais. Public, critiques, tout le monde était à peu près d’accord, il en venait là un réalisateur bourré de talent. Quelques années plus tard, public et critiques se disent que sans doute à l’époque ils étaient tous bourrés, parce que le même réalisateur vient d’enchaîner Avatar Le Dernier Maître de l’Air et After Earth, deux bouses atomiques de vaches méthanées bien tannées. Après avoir confirmé avec le génial et toujours unique à ce jour Incassable, Shyamalan a commencé à décevoir, souvent pour des raisons de scénarios jugés stupides : les aliens qui envahissent la Terre mais sont allergiques à l’eau, les arbres qui poussent les gens à se suicider… et le monde est devenu impitoyable.

Et puis soudain arrive The Visit. M. Night Shyamalan revient au cinéma d’horreur et profite des budgets ridicules de la société Blumhouse Productions (les Paranormal Activity, les Unfriended et tout ça… ouais c’est eux) pour faire un retour avec extrêmement de liberté dans un cadre très restreint, et je l’ai déjà dit mais pourquoi ne pas le répéter encore et encore : le film est bon. Pour reprendre les Cahiers, un film « mineur » mais un retour « majeur », sans aucun doute.

The Visit est un faux documentaire réalisé par une gamine et son petit frère, qui racontent leur semaine chez leurs grands-parents qu’ils n’ont jamais rencontré. Leur mère s’est enfui de la maison avec un homme à 17 ans, et ils ne se sont jamais reparlés depuis. Depuis, l’homme en question l’a quitté et les enfants tout comme la mère tente de recoller les morceaux. Donc les gamins débarquent à la campagne pour leur semaine, et très vite les grands-parents semblent bizarres. Flippants. Terrifiants. PUTAIN DE CHOCOTTES BORDEL.

Donc, on est sur du format found footage, mais Shyamalan a toujours été un petit obsédé de la plastique visuelle et du coup l’image est toujours excellente (j’aurais bien voulu voir les trois cent batteries et cinquante cartes mémoires de 128 GO que les mômes ont dû utiliser pour stocker tout ça tiens), du coup on n’a jamais mal aux yeux. Et donc, on suit le regard des enfants, pour qui les vieilles personnes ont tout pour être anormaux, et effrayants. Car malgré la présence des caméras, c’est bien le regard enfantin que nous partageons durant tout le film, ce qui nous force ainsi à questionner en permanence la nature de l’horreur. Réelle ou imaginaire ? Réaliste ou fantasmagorique ? Les interrogations s’amoncellent et s’entrechoquent comme nos dents.

Et souvent, les mâchoires se décrispent et les rires s’échappent ; ouais parce que ce film est tordant ! Shyamalan joue sans cesse avec les peurs, les attentes du spectateur ; l’innocence d’une partie de cache-cache oscille ainsi entre amusement et terreur et ce avec beaucoup de malice. C’est notamment le petit garçon qui apporte beaucoup d’imprévu au cadre, avec ses chansons de rap improvisées (oui. Ah oui.), et sa manière de remplacer les jurons par des noms d’artistes pop. T’as déjà vu un film d’horreur ou le personnage face à un truc flippant dit « Katy Perry » toi ? Ouais, c’bien ce que je pensais. Le jeu dépasse d’ailleurs le simple humour et on remarque très vite que Shyamalan joue avec son format, par le biais de la jeune réalisatrice qui sert de vecteur à un commentaire métafilmique. En faisant preuve d’un tel recul sur lui-même, Shyamalan m’a convaincu. Comme les enfants, je suis prêt à ouvrir la porte de ma chambre et le laisser entrer… en espérant que le résultat me soit plus heureux que le leur. Bon retour chez toi Monsieur Nuit !

Renaud J. Besse on youtubeRenaud J. Besse on facebookRenaud J. Besse on email2Renaud J. Besse on blogger
Renaud J. Besse
Rédacteur
Ecrivain touche à tout au sens large ; films, nouvelles, critiques, pièces de théâtre, musique...
Réalisateur au sein de la Micro-Vague Productions, acteur et coach chant dans la troupe de comédie musicale Les Kids des Etoiles.

Tout ça sonne cool mais sinon pour manger j'enseigne l'anglais !

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <s> <strike> <strong>